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	<title>Valentin Nicolau  &#187; Entretiens</title>
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		<title>L’HOMME QUI A LAISSÉ LA MORT ENCEINTE</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Apr 2009 11:17:06 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le fait que la pièce a été présentée pour la première fois à Sibiu a un rapport avec le fait que vous aimeriez qu’elle soit mise en scène ici ? Le travail du dramaturge s’achève lorsque celui-ci finit d’écrire le texte. La mise en scène ne dépend plus de l’auteur, mais du contexte, de l’intérêt avec [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le fait que la pièce a été présentée pour la première fois à Sibiu a un rapport avec le fait que vous aimeriez qu’elle soit mise en scène ici ?</p>
<p><em>Le travail du dramaturge s’achève lorsque celui-ci finit d’écrire le texte. La mise en scène ne dépend plus de l’auteur, mais du contexte, de l’intérêt avec lequel le texte est reçu ; elle est liée à un metteur en scène, aux offres qui surgissent après que la pièce a été présentée pour la première fois</em>.</p>
<p>Vous sentirez-vous dans une position plus confortable, pour la mise en scène de cette pièce, en collaborant avec un certain metteur en scène plutôt qu’avec un autre ?</p>
<p><em>Dans le cas présent, il s’agit d’un metteur en scène qui ait une vision légèrement impériale, ample, grandiose car il s’agit d’un Bar des Dieux où il y a des mages, des diables, des anges, un espace spécial, peuplé par une série de personnages qui arrivent d’un univers spectaculaire, à part</em>.</p>
<p>Ces mages, diables et dieux sont-ils des hypostases de l’homme ?</p>
<p><em>Ce sont eux qui vivent plutôt des hypostases humaines – ils ont des histoires qui leur confèrent un côté humain, des angoisses et des ambitions humaines</em>.</p>
<p>Et pourtant, dans la pièce même ces diables et dieux se trouvent dans la main du destin.</p>
<p><em>Le tout est subordonné au plan divin et ils s’y soumettent. Même s’ils ne s’en rendent pas compte, toutes leurs ambitions, tous leurs désirs sont subordonnés à ce grand plan. Et il y a encore une chose en ce qui concerne les diables : ils ne connaissent pas le mystère des anges et cette méconnaissance les fait justement rater le final et leur plan  diabolique va se retourner contre eux</em>.</p>
<p>Le moment initial de la pièce est une sorte de <em>ars poetica</em> de l’acteur, qui parle de la séduction de l’art, de la manipulation et de l’idée que les spectateurs désirent se laisser enchanter.</p>
<p><em>La pièce débute par la scène où, au Bar des Dieux, est présenté un numéro de magie. Cela représente une plaidoirie, ou mieux, une vision personnelle sur le théâtre et sur les acteurs, sur cette participation librement consentie à l’acte artistique ; c’est ma conviction liée au fait que tant les spectateurs que les acteurs doivent avoir la foi en ce qu’ils font, en ce qui se passe sur la scène, même s’il ne s’agit pas de quelque chose de concret ou qui appartient à l’espace du réel. Ce commencement fait que le texte soit placé tout le temps en rapport avec la magie, parce que le théâtre reste un espace magique, où il y a la possibilité du vécu authentique, seulement dans le cas où le spectateur accepte l’idée de croire dans la véridicité du monde qui apparaît sous ses yeux</em>.</p>
<p>Au moment de la lecture, j’ai fait un parallèle entre le protagoniste de la pièce, avec son numéro de prestidigitation, avec sa manière de prononcer son discours, tel un « magicien des mots », comme vous l’avez appelé, et les politiciens qui réalisent leurs numéros d’illusion à l’aide des mots devant tout le monde.</p>
<p><em>Oui, certainement, les politiciens sont eux aussi de petits imitateurs de l’espace où les diables jouent avec les hommes. Le plus souvent, ils ne sont que des imitateurs grossiers et, avec certitude, les résultats sont des plus malencontreux pour les gens qu’ils essaient de manipuler. Ce parallèle, ce machiavélisme constitue un thème que nous pouvons longtemps discuter</em>.</p>
<p>Je sais que vous avez l’habitude de dénommer vos personnages avec des noms génériques. Cette fois-ci c’est différent. Pour cette raison, en parcourant le texte, je me suis demandé quels sont les personnages réels qui se cachent derrière leurs noms ?</p>
<p><em>Normalement, j’ai l’habitude de laisser les noms des personnages dans la zone du générique. Cette pièce constitue une exception, sans pour autant renvoyer à la réalité immédiate. Ici, les noms ne sont pas choisis de manière aléatoire, ils ont des significations spéciales : Vladimir, par exemple, signifie le « maître du monde</em> ».</p>
<p>Votre pièce laisse l’impression de penduler entre le bien et le mal. Pourtant, aucun des personnages ne représente le bien ou le mal absolu. Même les anges ne sont parfaitement bons.</p>
<p><em>Les anges devraient être dans la hiérarchie céleste au-dessus de l’homme, mais ils ont eu, ont et vont avoir toujours une malédiction, celle grâce à laquelle Dieu a donné son image et sa ressemblance à l’homme. Pour cette raison, les anges peuvent déchoir et ils sont d’ailleurs déchus. Les anges peuvent avoir une faiblesse, il se peut qu’il y ait quelque chose très fort de type humain qui les séduise et les fasse céder, ainsi que Valentino a cédé à la tentation d’avoir une condition exceptionnellement humaine</em>.</p>
<p>Vous croyez au paradis et à l’enfer ?</p>
<p><em>Dans le sens cinématographiquement humain, non. Mais j’y crois dans le sens des zones de l’existence, après celle terrestre. Pour moi, il n’y a pas une apocalypse commune, mais une apocalypse de chacun, car chacun d’entre nous a une fin. Et, à la fin, le paradis et l’enfer commencent ici, sur la terre. Finalement, la vie en elle-même peut être un paradis ou un enfer. Le paradis et l’enfer sont liés à l’individu, et non pas à une perception collective</em>.</p>
<p>Pouvez-vous nous offrir quelques repères liés à votre activité présente et future ?</p>
<p><em>En ce moment, on joue au Théâtre Nottara </em>Uzina de vise<em> (L’usine des rêves), arrivée à la fin de la sixième saison et au début de la septième. Pour l’avenir, je travaille à un projet qui, cette fois-ci, n’est plus lié au théâtre. Je veux diriger mon attention vers le roman, mais cela ne signifie pas l’abandon du théâtre, mais tout simplement une tentation à laquelle je ne veux pas résister. Le roman est un genre littéraire où je veux dire quelque chose parce que je sens que j’ai quelque chose à dire. Ce sera un roman spécial, un roman qui va inclure une pièce de théâtre. Il ne sera donc pas un roman pur, mais un roman d’intersection avec le théâtre, l’espace théâtral restant une présence forte</em>.</p>
<p>Je sais que vous êtes géophysicien de formation. J’aimerais vous demander comment  êtes-vous arrivé au théâtre ?</p>
<p><em>Cela a été un pur hasard que moi-même je me l’explique mal, que je met peut-être sur le compte d’une sorte de « paresse » à écrire, n’ayant pas toujours le temps nécessaire pour écrire, et alors le théâtre me le permet – « la vie par excès » : je fais un excès pendant quelques nuits, et j’écris un texte. Ecrire est pour moi un acte spontané, me rend libre de tout ce que j’ai accumulé depuis longtemps. C’est ainsi que s’explique le fait de n’avoir jusqu’à maintenant abordé le roman, bien que j’en aie été tenté. Le roman suppose un effort permanent de parfaire, de travailler le texte. Le roman que j’envisage, je l’écrirai probablement dans quelques semaines, car j’ai une deuxième vie, dans l’espace public, assez intense et qui ne me permet pas de sortir de la rigueur du travail pour longtemps</em>.</p>
<p>(Interview réalisé par Oana Raluca Sivu, Sibiu Standard, Aplauze, du 5 juin 2008)</p>
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		<title>« L’ÉDITEUR NE S’ENTEND PAS TROP BIEN AVEC L’ÉCRIVAIN »</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Apr 2009 11:09:09 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Valentin Nicolau, le directeur des Éditions Némira, est aussi un dramaturge de valeur. Participant à l’édition de cette année du concours de dramaturgie « Camil Petrescu », organisé par le Ministère de la Culture, il a reçu le premier prix avec la pièce Ca zăpada şi cei doi (Comme la neige et les deux autres), une radiographie [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Valentin Nicolau, le directeur des Éditions Némira, est aussi un dramaturge de valeur. Participant à l’édition de cette année du concours de dramaturgie « Camil Petrescu », organisé par le Ministère de la Culture, il a reçu le premier prix avec la pièce <em>Ca zăpada şi cei doi</em> (Comme la neige et les deux autres), une radiographie inspirée de la société roumaine actuelle. Dans ce qui suit, il nous a présenté la manière dans laquelle il a écrit la pièce, ainsi que sa relation pas trop commode entre sa qualité d’éditeur et celle d’écrivain.</p>
<p>D’une certaine manière, ce succès est une surprise. Depuis quand écrivez-vous du théâtre­­­? Le fait que vous êtes éditeur vous a-t-il rapproché de la littérature ?</p>
<p><em>L’histoire du théâtre de Valentin Nicolau a commencé il y a à peu près deux ans. J’ai gagné ce concours, mais, n’oubliez pas, j’ai été nominalisé au concours UNITER, la pièce de l’année, cette année, comme d’ailleurs et l’année passée. Mon succès a donc un registre plus large. Ce que je veux pourtant vous dire c’est que j’ai eu besoin d’être confirmé dans ce que je fais et, par conséquent, j’ai fait appel aux mécanismes froids du jugement que représentent les concours. Ensuite,  j’ai toujours craint qu’on ne mélange pas les choses, c’est-à-dire Valentin Nicolau, l’éditeur avec Valentin Nicolau, l’écrivain. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi cette formule du concours quand, sous couvert de l’anonymat, on peut être jugé par une instance compétente</em>.</p>
<p>Quelle sorte de pièce est cette pièce qui a reçu un prix ? Une pièce réaliste, expérimentale ?</p>
<p><em>La pièce qui a gagné le concours s’intitule </em>Ca zăpada şi cei doi<em> (Comme la neige et les deux autres), une paraphrase, évidemment, du titre du conte de fée. Elle a une histoire spéciale. L’éditeur Valentin Nicolau a rencontré un des écrivains qui publient chez Némira et qui lui a dit qu’il reste encore dix jours pour déposer les manuscrits au concours de dramaturgie « Camil Petrescu ». Recevant cette stimulation, je n’ai plus hésité, je suis rentré chez moi et pendant cinq nuits j’ai écrit la pièce. La sixième nuit, j’ai pris une petite pause afin de m’en détacher. La septième, je l’ai corrigée et ensuite je l’ai envoyée au concours. Et voilà l’épopée. Maintenant, sur la pièce … La théâtre, évidemment, mise sur les thèmes universels de l’humanité, mais dans la société où l’on vit on remarque toute une série d’abcès qu’on ne peut pas ne pas attaquer directement. Les valeurs universelles se retrouvent donc sous l’enveloppe du monde contemporain avec toutes ses particularités. Dans la pièce, il s’agit de trois destins qui se croisent, s’éloignent … D’une certaine manière, la pièce est réaliste. En général, tout ce que j’écris tombe dans le courant du réalisme, par le simple et très profond motif que je considère le réalisme plus fantastique que le fantastique, plus convaincant que la plus osée fiction</em>.</p>
<p>Comment s’accordent-ils l’éditeur et l’écrivain ? Se complètent-ils ou se dérangent-ils réciproquement ? L’éditeur ne crée-t-il pas des avantages à l’écrivain ?</p>
<p><em>Une chose est claire : je ne veux pas et je ne peux pas me leurrer moi-même. Ce qui est bon est bon, même sans être publié, donc sans me créer tout seul de tels avantages dans ma qualité d’éditeur. J’ai reçu maintenant la confirmation de ma valeur et je suis très content que les éditions Unitext m’ont proposé de publier la pièce qui a reçu un prix avec les deux autres nominalisées par UNITER, réalisant ainsi une suite qui me représente. Donc, ce que je vous disais déjà au début : il est difficile que deux hommes cohabitent dans un seul, c’est-à-dire l’éditeur et l’écrivain. Le jour, on doit être très rigoureux et bien travailler pour la maison d’édition, et le soir, la nuit, on doit avoir de l’inspiration. De là vient l’incompatibilité entre les deux egos. C’est un épuisement nerveux assez grand que, pour l’instant, j’arrive à le supporter. Je ne mentionne plus le fait que parfois les meilleures idées viennent justement quand on est très occupé à la maison d’édition, et alors comment doit-on se débrouiller ? Mais, enfin …</em> (A consigné Dan Stanca, România liberă, du 11 mars 2000)</p>
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		<title>« POUR MOI, L’ANGE EST UNE PENSÉE AVANT LA PENSÉE »</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Apr 2009 11:07:51 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Vous avez écrit une pièce de théâtre intitulée Dacă aş fi un înger (Si j’étais un ange). Je vais vous poser une question directe : vous regrettez de ne pas être un ange ? Je ne pense pas que le sentiment que je ressens soit le regret. Je pense plutôt, de ma posture d’homme, comment cela aurait [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Vous avez écrit une pièce de théâtre intitulée <em>Dacă aş fi un înger</em> (Si j’étais un ange). Je vais vous poser une question directe : vous regrettez de ne pas être un ange ?</p>
<p><em>Je ne pense pas que le sentiment que je ressens soit le regret. Je pense plutôt, de ma posture d’homme, comment cela aurait pu être … Si j’avais été un ange dans l’histoire respective, c’est-à-dire dans la pièce de théâtre, j’aurais certainement vu plusieurs autres choses que ces gens là, les personnages, ne voyaient et ne comprenaient pas. Le rôle de l’ange qui plane sur l’espace de jeu est justement celui d’offrir des significations que les personnages de la pièce ne voient pas</em>.</p>
<p>Alors, posons autrement la question : qu’est-ce que vous feriez si vous étiez un ange ?</p>
<p><em>Si j’étais un ange … bon, je suivrais la fiche de leur poste qui est très bien établie. Je ne crois pas qu’ils dépassent beaucoup la fiche du poste – d’ailleurs, ils n’auraient pas les moyens – car leurs attributions sont très bien précisées autour de l’homme c’est-à-dire autour de celui qu’ils servent. Je suis en train d’écrire une pièce qui va avoir le titre </em>Taina îngerilor<em> (Le mystère des anges) et où je m’imagine que si les anges ont des attributions très précises, alors, ils ont également un mystère. Un mystère qu’ils sont les seuls à le connaître. Moi, je ne fais que l’imaginer, c’est-à-dire : l’amour entre deux êtres est la conséquence directe de l’amour entre leurs anges gardiens. Ce mystère qui est le leur fait que nous les hommes nous nous rencontrons, que nous ayons d’histoires remarquables de vie, que nous nous cherchons toujours. Notre vie est le résultat des recherches qu’ont, à leur tour, nos anges</em>.</p>
<p>Comment vous représentez-vous ces êtres célestes ? De manière iconographique ou non-conventionnelle ?</p>
<p><em>J’ai eu la tentation de chercher à donner à un ange une personnalité visible, une représentation concrète. Je suis arrivé à la conclusion qu’il est inutile parce que j’ai vu des humains qui me suscitaient le sentiment qu’ils étaient des anges, qui ils faisaient quelque chose de spécial et qui me avaient croire que ce que  j’avais vu était pouvait être justement l’ange de cet être</em>.</p>
<p>Devant l’édifice de la Télévision il y a une croix en bois à la mémoire des ceux qui y sont morts. Où croyez-vous que leur ange gardien se trouvait en ces moments-là ?</p>
<p><em>Ce moment-là reste un moment très spécial. Je pense qu’il a été un moment où les anges étaient très peu préparés pour défendre leurs hommes. Ces moments ont été des moments profondément mauvais. C’était un paiement historique pour une impuissance qui a duré des dixaines d’années et il est probable que les plus fragiles des hommes, avec leurs anges les plus délicats, aient péri alors. Il se peut que ceux qui ont été gardés par des anges ténébreux aient survécu … Depuis le moment où j’ai gravi le seuil de la Télévision, j’ai ressenti une chose très étrange. Je me trouve au XI<sup>ème</sup> étage, dans le bureau où se sont trouvés tous les présidents qui m’ont précédé. Je ressens un continuel sentiment d’oppression et il me tarde de quitter cet XI<sup>ème</sup> étage et de déménager dans une autre aile. Il y a un poids oppressant dans les murs de la tour de la télévision. Il est probable que trop de fois les anges bons ont été chassés ou écrasés par les faits presque inhumains de certains hommes qui ont eu ici des « affaires » dans le mauvais sens du mot</em>.</p>
<p>D’après vous, a-t-on a fait un service religieux dans cette institution ?</p>
<p><em>Des prêtres sont passés par là, mais je ne pense pas qu’on ait fait un service religieux pensant à une libération, pensant à arracher tout ce poids mauvais des fibres de béton et de fer de l’immeuble … Il s’est passé une chose spéciale lorsque j’ai changé l’équipe de direction et j’ai nommé Directeur de Programmes Titi Dincă que tout le monde connaît comme réalisateur d’émissions de vie spirituelle. Dans un journal est paru un article avec un titre caricatural : </em>Le numéro deux de la télévision est un pope<em>. De la méchanceté initiale de l’article, il en ressortissait que, du point de vue du management formel de l’institution, était apparu un signe bon, qui indiquait « autre chose »</em>.</p>
<p>Avez-vous un ange gardien dont vous sentez la présence ?</p>
<p><em>Absolument ! Et je le sens comme une pensée avant la pensée. C’est quelque chose- quelqu’un qui pense, avant que je pense, la logique d’une action ou d’une appréciation. Cette pensée a la force d’une perception de présence qui m’entoure et qui me met en dehors d’un danger, autrement inévitable. C’est comme une chemise, comme une zone tampon entre toi et l’agression que tu dois subir</em>.</p>
<p>Vos enfants croient-ils aux anges ?</p>
<p><em>Mes enfants ont à cet âge plutôt la connaissance donnée par les lectures. Je pense que l’intuition, le sentiment de l’idée d’ange est obtenu avec le passage des années, avec l’éveil dans ce monde particulièrement dur. Il est très intéressant entendre les enfants parler des anges. J’associerais à cette idée l’histoire d’un enfant qui voyant dans un champ un arbre coupé a exclamé : « Dorénavant, le vent ne va plus souffler », c’est-à-dire qu’il ne sentira plus la présence du vent indirectement, à travers les branches et les feuilles qui s’agitaient à chaque souffle … Même s’ils n’ont pas une conscience théorique bien exprimée, les enfants ont la meilleure perception de l’ange</em>.</p>
<p>L’histoire dit, comme une boutade, que lorsque les Turcs frappaient aux portes du Byzance, les théologues disputaient du sexe des anges. Métaphoriquement parlant, il y a une ressemblance entre cette situation et la situation de la Roumanie d’aujourd’hui ?</p>
<p><em>Sans qu’on la transfère d’une manière abrupte, oui. Je crois qu’à présent, il y a un discours public parallèle qui n’a aucun rapport avec les problèmes profonds qui frappent aux « portes » de la cité humaine. Il y a des hommes qui, pareils aux armées turques, veulent la destruction. D’autres, frustrés, semblent  regarder plutôt les anges que le domaine social. Mais, je veux vous le demander : qu’est-ce qu’il était plus important pour les habitants de la cité assiégée par les Turcs ? A mes yeux  leur discussion, importante pour eux, ressemble à une forme d’héroïsme, que d’autres pourraient la qualifier comme inconscient</em>.</p>
<p>Pourquoi la majorité des personnes publiques évitent les discussions sérieuses concernant leur foi ?</p>
<p><em>Il y a deux raisons. La première, parce que les uns miment la foi et c’est seulement de cette manière qu’ils peuvent être « reconnus » par le peuple croyant. C’est une forme théâtrale, ils jouent un rôle qu’ils ne comprennent pourtant pas. L’autre forme – de discrétion – est une forme que je comprends le mieux. La foi est quelque chose de plus discret et plus intime que tout autre chose, plus même que les souvenirs (qui appartiennent strictement à chacun de nous. Moi-même je n’en parle pas facilement, même maintenant je trouve mes mots avec difficulté … Je ne fais pas partie des ceux qui se soumettent à la vue des autres, faisant tout un cérémonial autour de la foi dans les espaces y dédiés. Je n’ai pas la conviction que je dois m’exprimer en tant que possesseur de foi, dans une forme nécessairement conventionnelle</em>.</p>
<p>Qu’est ce que vous pensez de l’instauration de nouvelles fêtes en Roumanie, telle la Saint Valentin ?</p>
<p><em>Ce ne sont que des petites combines sociales. Des choses qui essaient de trouver et une zone de fondement religieux, mais qui ne prennent pas en compte qu’elles ne sont que des expressions commerciales, des mondanités ou seulement une occasion d’ « inventer » un autre événement. Elles sont promues par les commerçants des médias et par ceux de l’alimentation publique. Il se peut que cette fête forcée apporte un peu de mal, mais, de toute manière, pas un peu de bien. Dans le cœur de l’homme, il y a un Panthéon minimal qui le pousse à se rapporter aux fêtes, à certains rituels. Si là se crée une trop grande agglomération, on n’a plus la possibilité de se singulariser, d’avoir une intimité. Ainsi, on n’a plus un événement, mais on rentre dans le dérisoire et dans le jeu commercial</em>. (a consigné Răzvan Bucuroiu, Lumea credinţei, I<sup>ère</sup> année, no.4)</p>
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		<title>LE GRAND ENJEU EST DE N’AVOIR PAS VENDU TOUT CE QUI SE TROUVE EN NOUS</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Apr 2009 11:03:36 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>

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		<description><![CDATA[Valentin Nicolau, je vous propose d’écrire ensemble un texte dramatique. Le protagoniste est un ex étudiant en géologie, qui a renoncé à sa profession. Mais pourquoi ? Le choix de la faculté s’est trouvé sous le  signe du compromis, même si ensuite j’ai aimé la géologie-géophysique. Mon option n’a pas été générée par le désir, mais [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Valentin Nicolau, je vous propose d’écrire ensemble un texte dramatique. Le protagoniste est un ex étudiant en géologie, qui a renoncé à sa profession. Mais pourquoi ?</p>
<p><em>Le choix de la faculté s’est trouvé sous le  signe du compromis, même si ensuite j’ai aimé la géologie-géophysique. Mon option n’a pas été générée par le désir, mais uniquement par ce que j’aurais pu faire de plus convenable à ce moment-là. Il y a quelques fois des compromis heureux. J’ai choisi la Faculté de géologie-géophysique, me rappelant les paroles d’une personne rencontrée dans les années du lycée qui me disait qu’on apprend des choses fascinantes à la géologie et le métier comporte deux grands avantages : on n’a pas de chefs et, par contre, on a du temps libre en abondance pour faire ce qu’on aime. Quel meilleur argument pour un homme qui désirait, au fond, autre chose</em> ?!</p>
<p>Certains de ses collègues de faculté, de génération, se sont réalisés d’une manière brillante à l’étranger, dans le métier même pour lequel ils se sont préparés. D’autres pourtant, restés au pays, ont trouvé refuge dans d’autres professions. Comment regarde notre héros le monde d’où il s’est détaché, monde qui se trouve à présent dans une dégringolade?</p>
<p><em>J’ai des colègues qui ont fait des carrières brillantes aux États Unis, au Canada ou en Australie. Parmi ceux restés au pays, il y en a peu qui pratiquent encore la géologie ou la géophysique. De toute façon, presque tous ont réussi à se réaliser professionnellement. Cela signifie que l’école a été vraiment exceptionnelle. Nous ne nous sommes pas préparés seulement pour un métier, mais également pour faire face aux grands défis, aux grands changements. Les années qui se sont succédées après la Révolution ont signifié et la période des plus grandes réorientations professionnelles, des plus radicaux changements de destins. Je suis un des ceux qui sont sortis d’une existence et, depuis, pénêtrent dans d’autres et d’autres histoires qui semblent être leur vie. Tous les grands moments de l’histoire font apparaître de telles conversions et réarrangements de destin. En ce qui me concerne, il n’est pas encore arrivé le temps de m’arrêter et de regarder mon parcours, d’autant moins l’expliciter</em>.</p>
<p>Le personnage principal de notre pièce s’est lancé dans les affaires. Il a fondé une maison d’édition, Némira, qui est devenue rapidement connue, surtout grâce aux SF et aux textes philosophiques de grand intérêt. N’a-t-elle pas été une entreprise hasardée?</p>
<p><em>Le hasard, l’imprévu font partie de toute histoire, voir parfois même son moteur. Les premières années après 1989 ont créé des hypothèses et des situations uniques, irrépétables. Il fallait découvrir toutes les „amériques”, il fallait revivres toutes les histoires du commencement. Et tout était sur le fil du couteau. Némira a été et restera une des grandes et belles histoires de ces années. Presque un conte de fée. J’ai parfois la sensation que ce n’est pas moi celui à qui ces choses sont arrivées. Pour m’en convaincre, j’ouvre quelques livres, parus récemment, sur l’histoire des maisons d’édition roumaines. Et j’y lis que cela m’est vraiment arrivé</em>.</p>
<p>Je vous propose un retour dans le temps : nous devons motiver d’une certaine manière l’option du héros. Aimait-il le livre ? Etait-il un entrepreneur qui attendait une occasion favorable pour s’exprimer ?</p>
<p><em>A l’époque, « entrepreneur » avait des sens plus restreints. J’étais plutôt un survivant, un parmi les désespérés qui cherchaient vivre en travaillant et en passant par toutes sortes d’épreuves et de métiers. Je pense que les premiers sous je les ai gagnés lorsque je n’avais pas encore accompli mes 13 ans. J’ai été tour à tour fabriquant de « mărţişoare »  (petits porte-bonheur que les femmes roumaines portent lors du 1<sup>er</sup> mars), sondeur, marin, peintre, docker, répétiteurs pour les mathématiques et la physique et je crois avoir oublié quelques autres travaux d’occasion. Avec Némira il s’est passé quelque chose de spécial, qu’on peut rarement rencontrer dans la vie. Némira m’a offert la chance de transformer ma passion en profession et, en plus, obtenir un succès immense, y compris celui financier. Raison pour laquelle, je répète, Némira est une histoire d’exception</em>.</p>
<p>Restons dans la sphère de la biographie. Qu’est-ce qui l’a déterminé à devenir dramaturge ? A-t-il eu des antécédents en tant que poète, romancier, jusqu’à ce qu’il s’est dirigé vers le théâtre ?</p>
<p><em>Je ne pense pas qu’on puisse donner une réponse qui couvre totalement une demande qui commence avec « qu’est-ce qui l’déterminé à … », lorsqu’il s’agit du début d’un écrivain, à moins qu’on accepte, et beaucoup le font ou même le prononcent, que le Roumain est né poète. Alors, le cas devient plus simple. En ce qui me concerne, et maintenant je parle sérieusement, cette séquence n’est pas la plus relevante. J’ai gribouillé quelques pages pendant mon adolescence, auxquelles se sont ajouté de manière sporadique d’autres pages, jamais pourtant écrites avec le sentiment de les publier un jour. Peut-être là, il y a un premier signe. Mes essais, n’importe lesquels, ont démarré lorsque j’ai reçu un défi ou, mieux, lorsque le défi venait de ma dispute avec moi-même. Dans le cas de l’écriture, de ma sortie sur le marché, j’ai été prudent. J’avais à ce moment là le handicap d’être un des plus connus éditeurs. Or, on dit des bons éditeurs qu’ils sont de règle de grands écrivains ratés. Au pays de la Mioriţa, dans toute réussite simple et normale, on y ajoute la suspicion, la méfiance. La plupart des Roumains ne peuvent accepter ni pardonner qu’on peut faire plusieurs choses réussies, qu’on peut avoir du succès. Avec cette crainte, j’ai perdu presque deux ans, envoyant mes textes aux concours de dramaturgie, aux secrétariats littéraires des théâtres de presque tout le pays. Je dois reconnaître que j’étais le premier à douter de moi-même, que j’avais besoin d’être confirmé, d’être reconnu. Cette confirmation et cette reconnaissance sont arrivées et m’ont validé. J’ai obtenu des nominalisations successives aux prix UNITER et j’ai reçu le grand prix pour dramaturgie du Ministère de la Culture, le président du jury étant Nicolae Manolescou. Presque à la même époque, 1998, un théâtre de province jouait ma première pièce. Le tout a été sous le signe d’une série de circonstances et rencontres remarquables. Je ne peux pas oublier Victor Parhon et Tudor Popescou, des hommes qui ont beaucoup signifié pour moi à cette époque-là</em>.</p>
<p>Notre héros écrit des pièces dans lesquelles le monde roumain d’après 1990 se reconnaît. Il dévoile avec amertume les tares d’une transition mal conçue, depuis la dictature à la démocratie. Craignant comme beaucoup d’auteurs de ne pas tomber dans le provincialisme, il transfère le tout dans un général valable qui n’a plus de rapport avec un lieu précis. Est-ce bien ce qu’il fait ?</p>
<p><em>Pendant longtemps, j’ai été poursuivi par les thèmes de la Roumanie de cette période, aussi riche, aussi pleine de significations. Je ne crois pas que la crainte du provincialisme m’a poussé à éviter « les méandres du concret » de ces années, mais plutôt, le fait que au-delà des expressions et des décors précaires du quotidien il y a les invariants historiques qui nous hantent. Je crois que toutes les choses que nous vivons refont les mythologies nationales. Nous recyclons des archétypes, surpris par nos propres vécus, comme s’il s’agissait de produits exclusivement contemporains. Mais si on parle du théâtre, qui a vu</em> O scrisoare pierdută <em>(Une lettre perdue) mise en scène par Tocilescou peut-il dire que le texte a été écrit il y a cent ans</em> ?</p>
<p>La protagoniste de notre spectacle est intéressé par les mécanismes du Pouvoir, ainsi qu’elle s’exerce aux différents niveaux, mais l’analyse qu’il entreprend le détermine-t-elle à désirer qu’il la possède lui aussi ? Devient-il obsédé par la réussite ?</p>
<p><em>Les écrivains exorcisent leurs obsessions sur des pages blanches. Ils le font parfois avec discrétion, parfois avec nudité. La fascination des mécanismes du pouvoir m’a hanté et me hante encore. J’espère m’en libérer écrivant encore sur ceux-ci, d’autant plus que pendant les dernières années, j’ai jeté un coup d’œil et sur les traités de gouvernement.</em></p>
<p>Dans l’analyse de l’être humain, quelles importantes découvertes a-t-il fait ?</p>
<p><em> </em></p>
<p><em>Plusieurs fois, la plus importante découverte est liée à une chose très simple, pourtant pas du tout banale, à une révélation  pressentie à l’avance. Il n’y a pas de limites, certitudes et c’est une bêtise de chercher à tout comprendre</em>.</p>
<p>Notre héros connaît un autre succès – il est investi avec une fonction importante, celle de Président-Directeur général de la Télévision roumaine. C’est une ascension plausible pour notre héros ?</p>
<p><em>Il est important dans le théâtre que tout ce qui se passe sur la scène soit possible et dans la vie réelle. Si la fiction acquiert la force de la réalité la dépassant par l’art, le spectateur en est convaincu. Il en sera marqué, comme s’il aurait vécu une expérience de vie remarquable. Dans l’acte « Nicolau – président de la TVR » il y a encore trop de linéarité. Les mouvements ont été prévisibles. On va voir ce qui va s’en suivre</em>.</p>
<p>Il voit ses pièces mises en scène dans d’importants théâtres, voire à la télévision. Il pourrait être hanté par une inquiétude : l’inquiétude que c’est le prestige de l’auteur, le prestige de sa fonction qui provoque de telles victoires. Comment chasse-t-il de pareilles inquiétudes ?</p>
<p><em>Je ne suis pas hanté par de telles inquiétudes. Je vous ai déjà relaté une partie des épreuves que j’ai subies. La pièce transmise au poste de télévision a été diffusée trois mois après ma nomination, mais on a commencé à y travailler six &#8211; sept mois avant cela. La première tentative de la mettre en scène au théâtre Nottara s’est produite à peu près trois ans avant la première. Pendant ce délai, le théâtre a changé quatre directeurs. Au Théâtre National, la mise en scène de ma pièce a duré presque un an. Qui a une toute petite connaissance du rythme qui existe dans le théâtre roumain, reconnaît et dans mon cas, les mêmes histoires lentes et indécises</em>.</p>
<p>Il est encore un jeune homme, avec de grandes responsabilités pourtant. Comment leur fait-il face ? Dans quelle mesure la pièce où il joue n’est pas écrite par nous, mais par d’autres ?</p>
<p><em>Comme je faisais à l’époque où j’encadrais des tableaux, où je travaillait sur le bateau, où je vadrouillait à la recherche de « substances utiles » là où les autres ne voyaient que des paysages. J’ai l’entêtement de mener  les choses jusqu’au bout. Peut-être aussi par le respect que j’ai pour le temps accordé à l’exécution de ces choses je ne supporte pas de constater que j’aurais pu le gaspiller ailleurs. J’ai peur de vivre à bon marché. En ce qui concerne la demande qui est l’auteur du scénario, à chacune de mes réponses, la question va rester la même. Le plus souvent, nous écrivons nous-mêmes nos actions, nos répliques, mais sous la dictée de quelqu’un d’autre. Après cette constatation, nous pouvons être soit mystiques, soit dérisoires</em>.</p>
<p>Peut-il assurer une indépendance et une crédibilité à la Télévision roumaine ? Quelques fois les nouvelles transmises dérangent plus les gouvernants que la manière dont elles sont transmises par d’autres chaînes de télévision, timorées peut-être par des fardeaux financiers. S’agit-il de courage ? Ou d’une préparation pour un certain moment ?</p>
<p><em>Pour toute institution des médias, la parole-clé est la crédibilité. Pour la Télévision roumaine il est encore difficile de redécouvrir cette dimension. Elle a une histoire chargée qui vient d’un autre monde, le monde de la télévision d’Etat, de parti, la télévision de la famille du conducteur. Ensuite, elle a vécu la Révolution en direct, entre le sublime et l’obscur. Il y a eu ensuite la transition, lorsque tous les pouvoirs se sont battus pour elle, pour la posséder et la mettre à produire. Elle essaie maintenant de construire son identité, de ce qu’elle doit être effectivement – service public de télévision, d’après le modèle européen. Tout le long de son histoire, la Télévision Roumaine a été le miroir des temps. Je suis parfois tenté de croire que, si la TVR va changer, quelque chose changera effectivement dans la société roumaine. Dans ce système fractal, où la partie reproduit le tout, le changement peut avoir comme détermination ou au moins comme première confirmation les images qui apparaissent sur l’écran de la TVR</em>.</p>
<p>Les expériences qu’il vit ne le falsifient-elles pas ?</p>
<p><em>Les expériences ne falsifient que dans la mesure où le personnage s’y prête. Nous ne menons pas la lutte importante avec les autres, mais avec nous-mêmes. Le grand enjeu est  de rester authentique par rapport à nous-mêmes, de nous appartenir. De n’avoir pas vendu tout ce qui se trouve en nous</em>.</p>
<p>Je dois convenir que je ne sais pas, que je n’entrevois pas le dénouement. Il pourrait être un succès éclatant ou une déception. Lequel choisissons-nous ?</p>
<p><em>Et dans un cas et dans l’autre, l’histoire du personnage ne peut être qu’un récit raconté par les autres. En ce qui concerne le succès, combien de désillusions peut-il comprendre ! Cela dépend du point de vue, de la salle, ou de la scène</em>.</p>
<p>(Interview de George Arion, Flacăra, no</p>
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		<title>VALENTIN NICOLAU NE RELIT JAMAIS SES PIÈCES</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Apr 2009 11:00:39 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Après que la première du spectacle Legenda ultimului împărat (La légende du dernier empereur) a eu lieu au Théâtre National, j’ai pensé que c’était bien le cas de poser quelques demandes au dramaturge Valentin Nicolau. J’y ai réussi et voilà ce qu’il m’a répondu. Le pouvoir et ses aspects vous fascinent. Vous êtes, si vous [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Après que la première du spectacle <em>Legenda ultimului împărat</em> (La légende du dernier empereur) a eu lieu au Théâtre National, j’ai pensé que c’était bien le cas de poser quelques demandes au dramaturge Valentin Nicolau. J’y ai réussi et voilà ce qu’il m’a répondu.</p>
<p>Le pouvoir et ses aspects vous fascinent. Vous êtes, si vous me permettez de faire ce rapprochement, comme le photographe de <em>Ultimul împărat</em> (Le dernier empereur) :  vous voyez le monde à travers votre appareil à photographier les instants. Il vous est jamais arriver à être empêché de montrer les « images » que vous avez immortalisées ?</p>
<p><em>On nous met des embûches à chaque pas. Ce qui est déplaisant c’est quand on heurte nous-mêmes quelque chose et, sans le vouloir ou sans l’accepter, nous rendons coupables les autres. Le problème est de savoir ce que nous comprenons de tout ce que nous voyons pendant notre vie. Quelle sorte de témoins sommes-nous et comment devons-nous traiter notre fascination. La fascination peut produire la clairvoyance, mais elle peut également aveugler</em>.</p>
<p><em>Ultimul împărat</em> (Le dernier empereur) semble, dans une bonne mesure, compléter la biographie du personnage ionescien de la pièce <em>Regele moare </em>(Le roi se meurt). Le rapprochement avec Ionesco est aléatoire ou il a été voulu ? Vous vous considérer un descendant de Ionesco, quelqu’un qui continue la tradition du théâtre de l’absurde ?</p>
<p><em>Je ne me suis jamais construit des descendances, aussi grands soient les maîtres que j’admire. Si on peut faire des liaisons, elles ont une raison naturelle. Une sorte de géologie des générations. Je peux avoir le sentiment d’appartenir à une succession, à un certain type de continuité, mais plus que ca il me semble difficile et d’ailleurs je pense qu’il n’est pas de mon devoir d’en faire une théorie</em>.</p>
<p>Si vous deviez vous détacher de vos pièces et si vous deviez les lire d’un œil critique, quelle serait votre première remarque ?</p>
<p><em>Je ne relis pas mes pièces. Ce serait comme si je revenais à une ancienne histoire d’amour, je l’ai vécue jadis, elle a été merveilleuse ou tourmentée, mais je ne veux plus revoir le visage de la femme. Peut être aujourd’hui je ne la reconnaîtrai pas. Je préfère tomber de nouveau amoureux, d’une autre femme, vivre une nouvelle histoire. Et il y a encore une chose : comme je n’arrive pas à travailler dur sur le texte, la fin de la pièce est comme une libération</em>.</p>
<p>On parle depuis longtemps d’une crise de la dramaturgie originale. On parle beaucoup de ce qu’on devrait faire pour ressusciter ce domaine. Quelle est votre opinion sur cette situation ? Quel traitement devrait être appliqué pour guérir ce « patient » ?</p>
<p><em>La chance de vie d’un texte dramatique signifie la chance de devenir spectacle. Il n’y a rien de compliqué, d’autant plus que je suis convaincu que le public attend des personnages et des histoires roumaines. Les metteurs en scène et les directeurs des théâtres qui vont miser sur les dramaturges roumains seront surpris de voir les salles de théâtre remplies. En fin de compte, c’est un problème de lucidité et de courage assumé.</em> (Gabriel Simon, Cotidianul, du 21 octobre, 2002).</p>
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		<title>UNE MAISON D’ÉDITION N’EST PAS UNE FABRIQUE DE DÉTERGENTS SPIRITUELS</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Apr 2009 10:55:48 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le Directeur des Editions Némira a une … vie secrète. Il est auteur de théâtre. Il est arrivé à l’être sous la pression d’une réalité pas du tout rose et qui nous agresse de toutes parts. Ses pièces ont été remarquées par le monde théâtral roumain recevant deux nominalisations au titre de « La meilleure pièce [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Le Directeur des Editions Némira a une … vie secrète. Il est auteur de théâtre. Il est arrivé à l’être sous la pression d’une réalité pas du tout rose et qui nous agresse de toutes parts. Ses pièces ont été remarquées par le monde théâtral roumain recevant deux nominalisations au titre de « La meilleure pièce de l’année » (concours organisé par UNITER en collaboration avec la Fondation « Princesse Margareta de Roumanie ») et le Grand prix au concours « Camil Petrescu », organisé par le Ministère de la Culture</em>.</p>
<p>Valentin Nicolau, vous êtes plus connu comme éditeur que comme dramaturge. Pourquoi écrivez-vous du théâtre­ ?</p>
<p><em>Le fait que j’écris aujourd’hui du théâtre est pour moi une réponse au défi que la société m’adresse. Je pense que cette réponse a des chances d’arriver jusqu’aux gens et de leur parler du monde o</em><em>ù nous vivons et de ses excrescences  (lire: formes de manifestation) malignes qui doivent être saisies et extirpées. En dernière instance, le théâtre est pour moi un exorcisme</em>.</p>
<p>L’auteur de théâtre vit de nos jours un paradoxe – il écrit des pièces qui n’arrivent pas sur la scène. Comment vous accomodez-vous à cette situation?</p>
<p><em>Parce que je suis éditeur, je sait très bien les dimensions de la masse de mauvaise littérature qui circule dans le monde éditorial et je pense qu’il y en a également dans le monde du théâtre. Parmi ces tonnes de papier écrit, il y a aussi des valeurs lesquelles, hélas, se perdent souvent dans ces conditions.</em></p>
<p><em>Si le théâtre revenait à la force de la parole, sans essayer à concurrencer par l’image la cinématographie et la télévision, les salles seraient de nouveau remplies. De même, si les directeurs de théâtre et les secrétaires littéraires avaient le courage de proposer pour la scène les écrits des dramaturges contemporains, on ferait un pas de plus vers les spectateurs. Je pense que nous ne pouvons pas vivre de manière permanente dans une culture d’importation, que nous ne pouvons pas entendre sur la scène seulement des mots traduits d’autres langues et exprimant des réalités qui ne se retrouvent pas chez nous</em>.</p>
<p>Vous faites partie des auteurs dramatiques roumains dont les écrits ont été remarqués et ont reçu un prix. Qu’est-ce que ces prix ont signifié pour vous, changent-ils, en général, le destin d’un dramaturge?</p>
<p><em>J’en ai eu besoin parce que j’essaie d’être sincère, en premier lieu avec moi-même et ensuite avec les autres. Pour cette raison, j’avais besoin de la confirmation d’un mécanisme de sélection et d’un jugement froid, impartiel. Assis dans la chaise de l’éditeur, je sais combien il est facile de mélanger les choses, quels immenses pièges existent pour un écrivain ou un homme qui veut devenir un écrivain. L’étape d’acquisition de cette assurance est finie. C’était le seul but qui m’a fait envoyer les pièces au concours. Une fois atteint ce but, je continue à m’occuper de mes affaires</em>.</p>
<p>Comment réagissez-vous dans votre qualité d’éditeur devant la proposition de publier un volume de théâtre? Est-il rentable le livre de théâtre en Roumanie?</p>
<p><em>D’un point de vue de la vente, il n’est pas rentable avec certitude. Plus encore, je peux vous dire que tout genre de livre a commencé à ne plus être rentable.Mais une maison d’édition n’est pas seulement une fabrique de „détergents spirituels” ou de „confections culturelles”, mais aussi une institution qui doit imposer certaines choses sur le marché, s’assumer un certain programme éditorial qui n’a pas toujours un rapport avec la finalité économique</em>.</p>
<p>Vous n’avez pas été tenté, en tant qu’éditeur, de publier vos propres pièces qui ne peuvent pas autrement arriver aux lecteurs et même aux metteurs en scène qui pourraient en être intéressés ?</p>
<p><em>J’ai la lucidité et, en même temps, l’honnêteté de ne pas me transformer dans un homme-orchestre. Je me suis donc proposé de me situer sur la position de l’auteur et d’attendre un éditeur. Lequel, heureusement, est arrivé. J‘ai une proposition de la part des éditions Unitext qui désirent me publier un volume et j’espère que celui-ci arrive dans un mois, un mois et demi sur le marché. Y seront incluses les pièces </em>Fantoma de la clasa întâi<em> (Le Revenant de la première classe), nominalisée l’année passée à l’UNITER, </em>Lume, lume, soro lume<em>… (Beurré comme le p’tit lou …), nominalisée cette année, et </em>Ca zăpada şi cei doi<em> (Comme la neige et les deux autres), qui a reçu un prix de la part du Ministère de la Culture, le volume devant avoir pour titre le sous-titre de la première pièce, </em>Dacă aş fi un înger<em> (Si j’étais un ange). Je peu  dire que c’est un théâtre très direct, inspiré de la réalité. Je regarde autour de moi, je vois ce que je vois, l’alchimie se produit et apparaissent des situations de vie, dans lesquelles les hommes peuvent se reconnaître</em>. (Cristina Modreanu, Adevărul, du 27 mars, 2000)</p>
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