LA DERNIÈRE HALTE AU PARADIS
Categorie: SpectaclesLe spectacle a été arrangé par Alexandru Tocilescou pour la Télévision Roumaine en 2002. Il a été présenté au Festival National de Théâtre „I.L.Caragiale”, XIIIème édition 2003, dans le cadre de la section Théâtre TV et a été nominalisé aux prix UNITER pour le théâtre TV, édition 2003.
Montage et adaptation: Alexandru Tocilescou
Rédacteur: Doina Teodoru
Décor: Ion Olaru
Distribution:
Mitică – Florin Piersic
L’Assistante – Mariana Dănescu
Le Docteur – Florina Cercel
Ionel – George Ivaşcu
Luminiţa Erga, Mirela Oprişor, Oana Tatu, Georgiana Purcaru, Luminiţa Roşu
„J’ai toujours dit que même les textes qui ont reçu un prix aux concours ne m’intéressent pas s’ils ne m’incitent à les transformer en spectacles. Je l’affirme avec l’autorité morale du metteur en scène dont la moitié des spectacles qu’il a monté sont des pièces roumaines. Je ne veux pas mentir, j’ai mis en scène et des pièces médiocres, mais je ne désire plus sauver de tels textes. Les dramaturges doivent se sauver tout seuls par des pièces vraiment offertantes. J’ai lu le texte de Valentin Nicolau dans le volume et il m’a semblé très bien écrit. Il m’a rappelé ça et là le théâtre alerte et captivant de Tudor Popescou. Les personnages sont vifs, pittoresques et amènent la vie sur la scène. Pour cette raison, j’ai sollicité aux interprètes et à l’équipe de télévision de mettre l’accent sur la vérité et sur le réel, sur la vie aperçue presque comme dans un documentaire. J’ai laissé la porte largement ouverte vers les improvisations, justement pour éviter, par amour du naturel, la préméditation, la contrefaçon. C’est mieux et pour le rythme, et pour la tension du spectacle. (Alexandru Tocilescou en dialogue avec Ion Parhon, România liberă du 3 octobre 2002)
„Une force de la nature se déchaîne dans le studio 1 de la Télévision Roumaine, elle danse, se démène et malmène un jeune malingre qui semble un peu effrayé par ce qui lui arrive. Quelque part, derrière, assis sur une chaise roulante, le possesseur de deux yeux vifs le poursuit avec attention sans pouvoir contrôler le sourire qui se dessine sur ses lèvres. La scène s’est passée en réalité, plus pleine encore de tension que ce que j’ai pu décrire, un mercredi après-midi, à l’endroit même rappelé plus haut. Le tournage est en plein déroulement pour la première pièce de théâtre tournée sur le plateau depuis cinq ans. Toutes les conditions sont réunies pour dire qu’il s’agit d’un événement: pour la première fois, Alexandru Tocilescou, incontestable sommet de la mise en scène roumaine, monte une pièce pour la Télévision, Ultima haltă în Paradis (La dernière halte au Paradis) de Valentin Nicolau, et, toujours pour la première fois, Toca rencontre un grand acteur roumain, disparu depuis quelques bonnes années des yeux des amateurs de théâtre, Florin Piersic (…). C’est lui la force dont je parlais plus haut, c’est lui celui qui a ramassé une telle „nostalgie du théâtre” qu’il a la sensation qu’il peut déplacer les montagnes si le régisseur la lui demandait, d’autant plus la chambre d’hôpital refaite sur le plateau par le scénographe Ion Olaru. Pour l’instant, il enseigne à son compagnon de souffrance à danser afin de lui donner un peu de son trop-plein. (…) Le Théâtre National de Télévision a toutes les chances de réussir un coup heureux cet automne tant pour son public, qui a ressenti le manque des vrais spectacles de théâtre de télévision signés par des créateurs notables, que pour la corporation théâtrale. (Alexandru Tocilescou et Florin Piersic font une „halte” à la Télévision Roumaine, Adevărul, du 14 septembre 2002)
„La pièce amène d’une manière originale le mythe de Don Juan sur les quais de la Dâmboviţa où celui-ci prend le nom de Mitică et quelques habitudes locales, et le personnage, légendaire lui aussi, a une belle ouverture philosophique. C’est la métaphore d’une fin fatiguée, car Mitică vit ici le souvenir de sa gloire, mais également d’un autre commencement par le transfert stoïque de ses expériences à un futur disciple possible. Ce Sganarel original qui accompagne ici Don Juan-Mitică est un dénommé Ionel qui désire apprendre la technique de conquérir du maître et un peu de la recette de ses succès. Le rituel de l’initiation à l’amour devient ainsi une émouvante leçon sur et pour la vie, que le vieillard transmet au jeune, avec son inattendue énergie vitale.
Au-delà du portrait inédit fait aux deux personnages, penduler entre le comique et le tragique est une mise importante du texte. L’humour et la gaîté avec lesquelles Mitică et Ionel vivent dans leur imagination de passionnantes aventures d’amour ont en permanence les ombres d’un tragique leurre. Mais si la vie est un agréable leurre, la mort qui rôde autour du vieux Don Juan est terriblement réelle. (..)
De l’équipe excellente mentionnée plus haut, le premier qu’il faut invoquer est le metteur en scène Alexandru Tocilescou. Non seulement parce que à sa première rencontre avec les plateaux de la télévision il s’avère être le même grand et expérimenté artiste, mais aussi parce que, grâce à sa mesure et à son sens artistique d’exception, le spectacle est d’une admirable discrétion et poésie. (…) Grâce à Florin Piersic, nous oublions vite que nous avons à faire à un quelconque fêtard sympathique et coureur de jupes (le nom du personnage restreint de manière obligatoire le background) et nous devenons curieux de connaître son monde intérieur, sa riche expérience humaine, ici à la dernière heure des confessions. (Doina Papp, Premières au théâtre TV, le 19 novembre 2002)
