SI J’ÉTAIS UN ANGE (2000) ÉDITIONS UNITEXT
« Valentin Nicolau est, incontestablement, un dramaturge qui sait comment on fait une pièce, maître des répliques, ayant un langage normal et, pas en dernier lieu, plein d’idées sur le théâtre. Toutes ses pièces peuvent être mises en scène. Elles sont pensées pour la scène. La main du metteur en scène ne doit retoucher que des broutilles. (…)
Le lecteur de théâtre que je suis ne peut souhaiter au dramaturge qui est Valentin Nicolau que de voir ses pièces sur la scène. Une scène qui j’imagine comme un quai de gare, dans tous les trois cas.
La vie sur un quai de gare – lieu d’attente et de passage – est une caractéristique de toutes les pièces, sans prendre en considération que l’action se déroule sur l’escalier d’un immeuble, dans un bistrot, dans un marché aux puces ou dans un appartement. Les gens arrivent et partent : cela est, au fond seulement une illusion, partagée de manière unanime car, au-delà de leurs désirs et espoirs, rien ne change, ni au moins le décor, sauf, peut-être dans l’imagination de chacun. » (Nicolae Manolescu, Postface au volume Dacă aş fi un înger (Si j’étais un ange)
Contient
COMME LA NEIGE ET LES DEUX AUTRES
Le Grand Prix du Concours de dramaturgie originale « Camil Petrescu » VIIème édition, 1999, décerné en 2000 par le Ministère de la Culture de Roumanie
La pièce a été mise en scène au Théâtre Nottara de Bucarest en 2002, dans la mise en scène de Alexandru Berceanu, sous le titre Uzina de plăceri (L’Usine de plaisirs) et au Théâtre National Radiophonique, Radio România Actualităţi, en 2003, arrangement artistique de Dan Puican.
Dans le studio où vivent le Vieillard et le matou Costică, fait un beau jour son apparition le Locataire. Sans crier gare, le monde de l’extérieur fait irruption dans l’univers du studio où tout se transforme. Et, outre le Locataire, une seconde personne vient troubler la tranquillité du Vieillard. La Téléphoniste de la ligne érotique. L’ouvrière de l’ « Usine de Plaisirs Blanche comme Neige », capable d’accomplir tout rêve … par téléphone. Entre l’hystérie nationale provoquée par les émissions de type bingo, dont le jeune Locataire devient dépendant, et le plaisir mensonger vendu à travers les « histoires » érotiques racontées au téléphone, la vie tranquille du Vieillard change radicalement. Qu’est-ce qu’il reste dans le final ? Une histoire sur une Blanche comme Neige qui n’est plus Blanche et surses nains qui ne sont plus des nains …
LE REVENANT DE LA PREMIÈRE CLASSE (SI J’ÉTAIS UN ANGE)
Nominalisée au prix UNITER pour « La meilleure pièce roumaine de l’année 1998 »
Le quai d’une gare, où les trains arrivent sans cesse, mais ne s’arrêtent jamais, est hanté par le revenant d’un passé dont personne ne peut se sauver. Le chef de gare, le politicien, le vieillard, la religieuse, la pute, les drogués, la paysanne, les sourds, les aveugles et les éternels voyageurs vivent et attendent … Le vieillard rapièce ses pantalons. Le politicien raconte des « histoires » aux sourds et montre des photos aux aveugles. La religieuse chante et prie. La pute s’offre. La paysanne attend ses enfants partis à la ville. Les gens dorment, s’éveillent, vivent et essaient d’arrêter un train. Rien ne change jamais, on ne fait que le badigeonner, mais à travers la gare endormie hante toujours le revenant caché à la première classe – Ceaucescou ou le passé … Qui reste finalement dans la gare hantée par le revenant ? La question-réponse de la Religieuse : « Si j’étais un ange volant par-dessus, les rails du train me sembleraient comme les lignes de la paume de la gare … Peut-on deviner le destin d’une gare selon de ses rails ? »
BEURRÉ COMME LE P’TIT LOU …
- pièce en deux actes -
Nominalisée au prix UNITER pour « La meilleure pièce roumaine de l’année 1999 »
La pièce a été représentée comme spectacle-lecture dans le cadre du Festival International de Théâtre de Sibiu, édition 2000, par le Théâtre « Radu Stanca » de Sibiu.
Les mines ont fermé. A la ville, il n’y a plus de place. Ceux qui sont partis jadis du village doivent revenir. Après des années entières passées à la périphérie « là où de manière égale commencent et finissent la ville et le village », Vasile rentre chez lui … avec un ordinateur et un veston de citadin, acheté au marché aux puces. Depuis le bistrot au marché et depuis le marché au bistrot, de la gare aux les noces étranges de deux époux un peu vieillots et de nouveau dans l’appartement triste de Gheorghe … Il y a bien des années depuis que les deux amis, Vasile et Gheorghe, changent des lettres dans lesquelles chacun raconte à l’autre de beaux mensonges sur une vie pleine de succès. Ils ont fait jadis un pacte et chacun espère que son salut se trouve chez l’autre. Lorsque Vasile revient, il trouve Gheorghe non pas le patron des terres et des troupeaux, non pas riche et prospère, tel que ses lettres le présentaient, mais seul et pauvre, à côte de huit enfants et une femme enceinte, maître absolu d’un merveilleux « jardin » d’appartement où il cultive des piments. Gheorghe connaît leur secret : « On ne doit pas ouvrir les fenêtres. Les piments d’appartement, c’est comme ça … Tout comme nous. L’air pur les empoisonne … »
